Bonjour à toutes et à tous!
C'est mon premier essai. Eh oui, il faut s'y mettre. Non pas pour "être à la page", comme on dit, et non plus pour écrire un journal ou une chronique quotidienne. L'idée de ce blog m'est venue un jour en fouillant dans de vieux papiers, un peu comme le ferait n'importe quelle personne lors d'un déménagement ou quand nous nous décidions enfin de mettre un peu d'ordre dans ces tas de papiers que nous avions superposé les uns sur les autres des années durant. Ces bouts de papiers-là et ces petits carnets qui nous encombrent à la fin, mais que nous gardons quand même jalousement; car ils racontent, chacun à sa manière, un bout de notre vie justement.
C'est donc ce qui est écrit sur ces bouts de papiers que je vais rapporter ici. Des petits poèmes composés au lycée et à la fac, des petites réflexions, des coups de gueule parfois, des écrits inachevés…Je mettrai tout cela en ligne au gré des rencontres et des (re)découvertes que j’en ferai.
Bonne lecture.
Boussaâd BOUAICH
Hélas! la lune ne sera plus éclairée
Pour un monde sans soleil !
Juin 1996
Le printemps ne dure pas longtemps,
L’été sera bientôt là.
Je me le répétais bien souvent
Avant que toi tu ne sois là.
Ce printemps va durer longtemps,
L’un de ses mardis me l’a promis :
« Il renouvellera vos vingt ans
Et veillera à ce que votre amour s’agrandit ».
O printemps, dure même tout le temps,
Pour qu’avec ma belle je reste uni.
Et pourvu que tu sois content
Je fêterai pour toi tous les mardis.
O ma belle de tous les temps,
Que c’est là un triple anniversaire
Qu’on fêtera tous les printemps.
Avril 1999
Et cette tête décapitée,
Elle a dû trop parler
Maintenant elle s’endort
Mais elle nous parle encore.
Arrivée devant Dieu
Elle lui fera…la tête
Et l’accusera de complicité.
Août 1997
Qui donc a dit
Dieu m’a maudit
Pour qu’on me surnomme
Satan des Hommes ?
Je dis seulement
Qu’un jour, le vent,
A pas feutrés
Sèmera la vérité.
Une fois connue
Cette inconnue
Les Hommes lutterons
Et triompherons.
Qui donc a dit
Peuple maudit,
Il n’osera pas
Ou criera tout bas ?
Aux hommes comme vous
Plutôt hiboux
J’ai la Lumière
Qui vous fera taire.
Moi je vous conseille
Anciens de la veille
De plier bagages
Avant le naufrage.
Qui donc a dit
Que c’est interdit
De parler encore
De tous ces morts ?
Des disparus,
J’en ai connu.
Il y’en a beaucoup
Un peu partout
…..
1998
Le soleil brûle
Ne restera que ses cendres
Dont renaîtra plus tard
Un autre soleil nouveau
Un autre soleil beau
Qui consumera mes maux.
1996
Et puis qui es-tu
Toi, la voleuse de sommeil ?
Ton parfum me caresse et m’emporte.
Je cours et je cours…
A travers un désir fou et sauvage
J’ai froid et ton regard me sert de couverture.
Je me réveille et je me retrouve seul,
Comme une vieille maison solitaire.
Oui, qui es-tu ?
Pareille à ce magicien
Tu apparais devant moi comme un ange déguisé
Et, voulant te serrer dans mes bras,
Tu disparais de nouveau.
Je pleure ta perte
Et je rêve aux rêves de mes nuits.
Et puis qui es-tu
Pour que ma plume t’écrive ce poème ?
Je deviens le cloîtré le plus populaire
Mais à la cime de mes pensées
Je me console avec cet air de vivacité
Qui me vient de ce ciel énigmatique.
Hélas tu pars et tu me laisses
Prisonnier de mes souvenirs oppressants
Esclave de tes idées mensongères.
Et puis n’est-ce pas cet amour là
Qui fait le bonheur des autres ?
Je me noie dans mon océan de mots
Pour que finisse mon poème
Et j’ignore encore comment te nommer.
Et puis qu’importe qui tu es
Akabiou, 1995
Sous cette pluie d’hiver
Douceur et inquiétude,
Enterrement d’un souvenir
Mille fois perdu
Mille fois retrouvé, ressuscité.
Angoisse de flammes d’une peur injuste
Arbre de joie
Tendre, éminent…
Divin.
Dans cette forêt des pauvres
Jardin de roses hivernales
Cimetière des maudits où
Se cache une émeraude
Intimidée par un soleil qui ne se couche pas.
Fuir
Loin, très loin dans ces orages
Fuir cette peur qui fait… très peur
Fuir ces regards humides de larmes
De tous ces hommes invisibles.
Quand le cœur est brisé
Des maux du mot d’adieu maudit
Mon âme s’exile
Habite ce corps de pierre taillée
Fontaine donneuse d’eau, qui soudain…
Devient poussiéreuse.
Akabiou, 1995
Il pleut. Il pleut dehors d’une pluie fine interminable et silencieuse. Lui, il est là devant la fenêtre de sa chambre à admirer ce morne tableau que dresse à ses yeux cet après-midi de décembre. La route est déserte et les quelques maisons plantées « sauvagement » sur le relief qui la borde lui semblent l’être encore plus. Le silence qui accompagne la pluie semble peser à étouffer tout bruit et tout mouvement. Les maisons, n’ayant pas de cheminées, a-t-il remarqué, lui fait dire qu’aucune fumée indiscrète ne jaillira par-dessus les toits et trahir une présence de gens à l’intérieur. « Mais, pensa-t-il soudain, ma chambre aussi ne possède pas de cheminée, et pourtant je suis bien là ! Il doit y avoir certainement plein de gens dans ces maisons, se dira-t-il comme pour conclure. Il finit par comme sourire à lui-même. Il trouva absurde cette idée de faire dépendre l’Existence d’une Présence ou non d’une fumée de cheminée. Et ça l’amusa…
Hasnaoua, 1998
Laisse-moi prédire mon sort
Même si je frémis d’y penser
Et d’appartenir à la race des vaincus
Puis noyer mon air âpre dans un mutisme délirant
Pour écouter ton rire fou, homérique,
Résonance d’outre-mer.
J’aurais dû boire jusqu’à perdre haleine
Et rester ainsi tout mon temps sans trêve
De ce vin salé de mes pleurs.
Laisse-moi prédire mon sort
Même si les mots s’envolent et me quittent au besoin
Rien qu’inquiétude monstrueuse.
J’abattrai tous ces mots, leurs blasphèmes,
Pour que demain s’élève le jour
Avec la tendre mélodie de ton retour.
Et que je congédie de la vie
L’amer mot d’adieu.
Laisse-moi prédire mon sort
Maintenant que tu m’es lointaine
Je garde mon flegme comme une chandelle
Pour que ne me quitte ton âme sainte,
Coite, endormie dans mon cœur.
Il la garde et veille sur elle
Regrettant ta perte.
Laisse-moi prédire mon sort
Même si je dois mentir à ma raison, à moi-même
Même si je dois écrire et chanter
Cet amer mot d’adieu.
Akabiou, 1995.
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